M’SIRDA

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Sous l’impulsion de l’empereur Napoléon III le territoire Algérien alors sous domination française fut découpé en douars en 1863 et ceci afin de délimiter le territoire que chaque tribu occupe afin d’y répartir les terres. Cette manœuvre avait en réalité pour but de substituer les entités ethniques qui existaient en une organisation territoriale et administrative et ceci afin de désunifier certaines tribus qui auraient pu poser des problèmes de résistance.

Le territoire des M’sirda ,c’est à dire le territoire qui leurs a été reconnu par les opérations de délimitation entrepris de 1905 à 1923 couvre une superficie d’environ 29.000 hectares. Il dépend de la commune de Maghnia et compte une soixantaine de villages.

Il est situé à l’extrémité occidentale de l’Algérie, touche à la fois la mer méditerranée et le royaume du Maroc avec les limites suivantes :

Au nord, la mer méditerranée. A l’est, les douars Souhalia, Zaouïet-el-Mira et Ternana. Au sud, la commune de Maghnia. A l’ouest, la frontière Algéro-marocaine.

Ce territoire présente dans son ensemble le caractère montagneux des rivages nord africains, à l’exception d’une plaine assez peu étendue (4.000 hectares environ) qui se trouve sur la frontière entre les douars Beni-Mengouch et Attia, et qui est le prolongement de la plaine marocaine des Trifia.

Il est d’une altitude assez faible, les sommets varient de 200 à 600 mètres, mais le relief est tourmenté et les chaînons sont séparés par de nombreux ravins, profonds, étroits, d’un accès très difficile. Le rivage, bordé par des collines de 200 à 300 mètres est rocheux et très inhospitalier. Cette région fut jadis très boisée mais on trouve encore aujourd’hui sur bien des points de beaux arbres tels que thuyas et chêne verts.

Le climat est celui de la côte algérienne dans l’ensemble, moyennement humide. La région de M’sirda reçoit environ 350mm de pluie par an. Elle possède un grand nombre de sources dont beaucoup sont aménagées en bassins et abreuvoirs.

Les sols là ou l’érosion n’est pas très trop forte, se prête à la culture des céréales et à l’entretien de jardins, vergers et potagers.

A part les sentiers et les pistes, ce territoire ne compte que quelque rares voies de communications dont la plus importante est la route de Maghnia à Port Say (nationale 7).

Dans les années 90, un nouveau découpage des douars a été entrepris, ralliant le douar de M’sirda Tahta à celui des Souhalia. Le douar de M’sirda Fouaga n’a, quant à lui, pas été modifié et a pour chef-lieu le village de Arbouz.

La région de M’sirda est divisée en deux douars les Fouaga et les Tahta, elle se compose de 16 fractions (familles) qui sont Bekhata , Beni Sedrata, Kaezaouia, Mehada, Khada, Kouarda, Ouled ben Ayed pour les Tahta et Ouriache, Anabra, Aghrem, Mefi, Bedar, Ouled ben Chaib, Elhouaren et les Ouled ben Yahia pour les Fouaga.

La tribu des M’sirda a cessé d’exister en tant qu’unité ethnique par l’arrêté d’homologation du 31 août 1825 qui l’a érigée en deux divisions administratives : les douars M’sirda Fouaga et M’sirda Tahta.

Les régions montagneuses de M’sirda ont longtemps étaient un refuge pour les tribus berbères mais il serait toutefois téméraire d’en conclure que les M’sirda sont de purs Berbères. Il paraît bien au contraire qu’ils se soient constitués comme tant d’autres au cours du temps par la réunion d’éléments hétérogènes.

On peut distinguer parmi eux deux éléments ethniques : l’un autochtone (berbères) qui comprend surtout les Msirda et les Anabra, l’autre arabe qui comprend les Abd-el-Moumen et les Ouled-ben-Yahia.

Les Msirda appartiendraient à l’ethnie des Zénètes et descendraient d’Istilien. Quant aux Anabra, originaires de Tlemcen et descendants d’Yaghmoracen (fondateur de la dynastie Abd-el-Ouadite), ils seraient venus se joindre aux Msirda pour échapper à la domination turque. Ces deux éléments constituent la majorité des éléments berbères de la région.

Concernant les éléments arabes, ils ont de commun leur prétention à une ascendance chérifienne : les Oulad Abd-el-Moumen par l’intermédiaire d’Idris et les Oulad ben Yahia par l’intermédiaire de Mouley Abdelkader el Djilani.

L’histoire de M’sirda sous la forme de leurs tribus actuelles n’est pas très vieille. En effet la plus vieille mention que l’on trouve de ce nom dans les annales du Maghreb (Mzerdâ) est d’Ibn-Khaldoun (célèbre historien arabe du XVe siècle) et remonterait au XIIe siècle. De l’antiquité au Moyen-âge, la région de M’sirda porte en elle les souvenirs des époques les plus reculées du Moyen-âge à l’antiquité, notamment romaine et musulmane.

Déjà l’historien grec Strabon (-63 av JC) donnait le nom de Massaisyliens aux populations qui habitaient cette région. En fait ? au IIIe siècle de l’ère chrétienne, cette région faisait partie de la Maurétanie Césarienne.

Entre Marsa ben Mehdi et Ghazaouet, Antonin (138 / 161 ap. JC), empereur Romain, cite la station de Lemnis dont les ruines ont été retrouvées près de Bider.

De même, l’oued Kouarda serait le Popleto Flumen cité par ce dernier. Nombre de ruines et vestiges romains sont encore présents dont les plus importants sont ceux de El-Leuh, Bab-el-Youdi, Kalaa, et Bou-Zouari et qui pourraient indiquer l’emplacement de postes jalonnant une voie romaine qui aurait conduit de la Moulouya (vallée de l’est marocain) à Ghazaouet.

Plus récent, en un point nommé Bled Tabahrit près de Ras Kela se trouve un ensemble assez important de ruines qui sembleraient être les restes de la cité maghrébine de Tabahrit « la maritime » que désigne El Bekri (historien et géographe arabe du XIe siècle) dans sa géographie ou encore sous le nom de Tebecrit au XVIe siècle par Al-Hasan ibn Muhamad al Fa’sï dit Léon l’Africain.

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