Arzew

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A 41 km au Nord Est d’Oran, se trouve l’une des plus belles baies de la côte algérienne, la Baie d’Arzew, très bien protégée des dangereux vents du nord-est par la pointe du Djebel Sicloun, dernier contrefort du Djebel Opousse, au-dessus de la Méditerranée. Entre Arzew et Saint-Ieu, le plateau de Bettioua, domine les plages et jouit d’un climat plus sain. C’est pourquoi, ce site privilégié a vu, très tôt, l’installation de l’homme, avec les Atériens de la Préhistoire, entre 60.000 et 20.000 ans avant notre ère, puis avec les Berbères arrivés là, il y a environ dix mille ans.

Ptolémée célèbre géographe d’Alexandrie nomme Arzeu : Théon-Limen, c’est-à-dire le port des Dieux. Pour Pline il s’agit d’Arsenaria. Les Arabes appelaient ce lieu Arzéou qu’ils étendent à tout le canton. Les Européens appelèrent cette ville antique, le Vieil Arzeu, puis Saint Leu lorsque le centre de population se forma à l’Ouest près des ruines des restes de la cité romaine.

Ces lieux furent toujours habités, d’abord par les Ben Bet’t’ioua (Botoula) une tribu berbère descendante d’immigrés du Rif marocain, puis aussi par des demi nomades, les Hamian. Ceux-ci confectionnaient leurs « maisons  » de débris de toutes sortes qu’ils trouvaient alentour, si bien qu’il n’était pas rare de découvrir dans cet amas confus de matériaux hétéroclites, une stèle ou une colonne sculptée en guise de porte, vestiges émouvants des anciens occupants des lieux. Berbrugger écrit en 1857 qu’un magnifique chapiteau de l’ordre corinthien et de marbre de Paros servait de piédestal à l’enclume du maréchal du village.

Dans l’Antiquité, plus de mille ans avant notre ère arrivent du Liban, les navigateurs commerçants Phéniciens qui installent des comptoirs tout au long de la côte africaine et abordent l’Espagne.

C’est ainsi, que les Phéniciens fondent un grand comptoir dont le nom n’a malheureusement pas été retrouvé, sur le site actuel de Port-Aux-Poules. Leurs bateaux devaient aborder sur la plage entre les sites actuels d’Arzew et de Saint-Leu, puis devaient, par mauvais temps, s’abriter dans le port creusé dans la corne rocheuse de Port-aux-Poules.

Après avoir détruit l’Empire punique de Carthage, les Romains s’installent pour sept siècles en Afrique du Nord. C’est probablement au cours du premier siècle de notre ère qu’ils redonnent vie au port punique sous le nom de PORTUS Magnus, le Grand Port.

Le port marchand est alors abrité par la corne rocheuse de Port-aux-Poules, mais la ville s’étend sur le plateau de Bettioua, sur l’emplacement actuel de Saint-Leu et jusqu’à celui d’Arzew. Arzew était donc, à cette époque, un quartier de Portus Magnus.

Il semble bien que Portus Magnus ait été détruit lors de l’invasion des Vandales vers 429/430. Et il faudra attendre la conquête Arabe (à partir de 647) pour voir réapparaître ce port dans l’histoire du Maghreb.

C’est le grand géographe de Cordoue, El Bekri, qui, dans sa description de l’Afrique Septentrionale (1068), mentionne Arzao, le vieil Arzew, ville construite par les Romains et maintenant abandonnée.

Le port va véritablement renaître avec la dynastie des Almohades, intégristes musulmans du Maroc, qui vont bâtir un empire en Espagne qui s’étendra aussi à toute l’Afrique du Nord (116~1230).

Dès 1162, Arzao, devient un des grands ports de l’Empire et cette fois-ci il est aménagé sur l’emplacement actuel d’Arzew.

Après la disparition de l’Empire Almohade, Arzao restera l’un des grands ports du Royaume Abdelouadide de Tlemcen et on l’appelle d’ailleurs Marsa Beni Zian, le port des Béni Zian. Les princes règnent sur cet Etat qui s’étend jusqu’à Ténès. Ce port commerce avec l’Espagne musulmane et les Etats Chrétiens de la Méditerranée.

Avec la Reconquista de l’Espagne par les Rois Chrétiens puis la chute du dernier royaume musulman de Grenade (3 Janvier 1492), les Musulmans d’Espagne, chassés par les persécutions, gagnent le Maghreb et c’est ainsi que des Morisques venus d’Espagne vont faire d’Arzao, un repaire de pirates « barbaresques ».

Les Espagnols débarquent et s’installent à Mers-El-Kébir puis à Oran en 1505 et 1509. Ils exercent une sorte de protectorat dans la région et ainsi Arzew, Mazagran et Mostaganem concluent des conventions en ce sens avec les Espagnols en 1511.

Cela ne va pas durer longtemps car les Turcs, partis d’Alger et lancés à la conquête de Tlemcen, vont faire du port de Mostaganem la base militaire de leurs expéditions contre les Espagnols.

Lors des assauts malheureux des Espagnols contre Mostaganem (1543, 1547 et 1558), Arzew servira de base de repli aux troupes espagnoles vaincues qui essaieront de regagner Oran par la mer.

Après le départ définitif des Espagnols d’Oran (1792), le port d’Arzew, verra sa prospérité assurée par les exportations de blé, venant de la plaine de St-Denis-du Sig.

Le 10 Juillet 1833, les Français de la garnison d’Oran sont appelés par le Caïd d’Arzew. Ils débarquent à Arzew le 3 ou 4 juillet, qui à cette époque s’appelle simplement Marsa (le port, en arabe).
Le 26 Février 1834, est signé un traité entre le Général Desmichels, qui commande la division d’Oran, et l’Emir Abdelkader. Arzew y est mentionné en arabe Arziou et en français Arzowe.
Une ordonnance du Roi Louis-Philippe du 12 août 1845 porte création d’un centre de colonisation à Arzew le Port.

ARZEW 1960

Ci-dessus une vue du port datant de 1960

Erigée en district puis en chef-lieu de commune le 31 décembre 1856, sous le nom d’Arzew, qui ne changera pas après l’indépendance de l’Algérie, elle compte 9.000 habitants environ en 1935, composée de nombreux Espagnols vivant du produit de la pêche, des Français, fonctionnaires et commerçants et les populations musulmanes locales.

Une source d’eau minérale de « Saint-Antoine », à la composition chimique qui se rapproche à celle de l’eau de Vichy (Célestins) avec, toutefois, cette différence qu’elle contient davantage d’oxyde de magnésium, qui la rend légèrement laxative, est située à 2 km d’Arzew, au fond d’une vallée et au milieu de sapins.

Garnison initiale des tirailleurs algériens, elle devient base arrière du 5e REI en fin 1958. Sur une colline, face à la mer, à une encablure d’un phare, le camp « Armandville » sort de terre en 1959. Construit pour et par les légionnaires, il est abandonné en 1963.

Arzew, charmante petite ville côtière, est donc située à 37 km au Nord-Est d’Oran et à 44 km à l’Ouest de Mostaganem. En partant d’Oran, il fallait emprunter la route nationale N°4 qui traversait les villages d’Hasi bou Nif, Hasi ben Okba, Saint Cloud, Renan puis Arzew. La route continuait jusqu’à Orléansville.

panache arzew

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